L’exposition présente deux nouvelles séries de dessins : Deliver mercy shot et Caïds (retired)
Deliver mercy shot fait référence à une pratique des snipers US de donner le coup de grâce à une cible blessée. Cette série travaille des images tirées de l'entraînement des tireurs d'élite de la navy ou des marines, dans les sniper training school. Ceux-ci opèrent toujours en binôme, un tireur et un spotter, au sein d'une environnement dans lequel ils se fondent le plus possible. Leurs ghillie suits sont adaptés à ce but, et à chaque milieu où ils sont susceptibles d'évoluer. Ils se déplacent avec le plus grand silence, souvent avec une lenteur extrême. Ils sont une combinaison bizarrement naturelle d'une certaine douceur et du tragique le plus absolu.
La série des Caïds (retired) est le résultat de la collision d'images de personnes âgées, tirées de blogs familiaux, d'images de fêtes ou d'anniversaires, avec l'univers des yakusas japonais, dont l'appartenance secrète, la protection symbolique et le courage personnel sont signifiés par des tatouages. Issus de l'univers des samouraïs, ces symboles traditionnels sont codifiés, ils illustrent les éléments naturels, avec une dominante aquatique, des animaux, des divinités tutellaires. Ils sont destinés au secret et sont conçus pour ne pas être vus. Ils jouissaient traditionnellement d'une très mauvaise réputation. Les images de la série illustrent des tatouages authentiques.
L'exposition interroge la combinaison de l'innocence et du crime, de la douceur et de la dureté, que résument à elles seules les deux notions contradictoires qui composent l'expression « coup de grâce ». Sur le champ de bataille médiéval déjà, la miséricorde désignait le fait d'épargner la vie de son prisonnier, mais tout aussi bien la dague qui servait à l'achever.